Avant la prière de la fête, ils se livrent à un dhikr collectif. Est-ce une innovation ou une pratique instituée liée à la prière? S’il s’agissait d’une innovation, devrait on quitter les lieux jusqu’au commencement de la prière?

    Louanges à Allah

    La répétition de Allah
akbar
pendant la fête est une pratique instituée
par le Prophète (Bénédictin et salut soient sur lui). C’est un
acte cultuel qu’il faut observer selon les limites qui lui sont assignées. On
ne doit rien ajouter à ses modalités. Il faut s’en tenir à ce que la Sunna et les traditions ont
enseigné.

    Nos ulémas ont
examiné attentivement la pratique telle qu’elle est
observée aujourd’hui et ne lui ont trouvé aucun argument. C’est pourquoi ils ont émis une fatwa en faisant une innovation. En effet,
toute invention touchant le fondement d’un acte cultuel ou sa modalité est
considéré comme une innovation blâmable parce concernée par les propos du
Prophète (Bénédictin et salut soient sur lui) : «Tout
acte accomplit contrairement  à notre ordre est rejeté» (Rapporté par
Mouslim,17118).

    Cheikh Muhammad ibn
Ibrahim (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit :
«Les Allah akbar  déclamées dans la mosquée sacrée le jour de la fête par
une personne ou plusieurs assises sur le toit de Zamzam et à la suite
desquelles des gens donnent la réplique dans tous les coins de la mosquée est
une pratique contestée parce que jugée innovée par Cheikh Abdou Aziz ibn Baz.
Celui-ci entend par là que cette manière particulière de faire est une innovation. Il ne vise pas
l’acte en lui-même. La populace de La Mecque, habituée à la pratique
incriminée, a désapprouvé l’avis d’Ibn Baz.» Ceci
amena (Cheikh Muhammad) à envoyer un télégramme conçu
en ces termes: «Je ne connais pas de fondement à cette manière de répéter les
Allah akbar. Celui qui prétend lui avoir trouvé une légitimité doit fournir un
argument irréfutable…question étant un détail, ne devrait avoir une telle
ampleur.» Madjlmou’ fatawa al-allaamah Muhammad
ibn Ibrahim,3/127-128.)

    Cheikh Adoul Aziz ibn
Baz (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit:
«Louanges à Allah Seigneur des univers. Bénédictin et
salut soient sur lui, sur sa famille et sur tous ses compagnons. Cela étant,
j’ai lu ce que son éminence , le frère cheikh Ahmad
ibn Muhammad Djamal (Puisse Allah l’assister à faire ce qu’Il agrée) a publié
dans certains journaux locaux, notamment son idée selon laquelle il juge étrange
qu’on interdise la pratique de la répétition en chœur des Allah akbar
dans les mosquées avant la prière de  la fête, considérée comme une
innovation qu’il faut enrayer. Cheikh Ahmad a tenté dans son article en
question d’apporter la preuve que la répétition des Allah akbar
en chœur n’est pas une innovation et qu’il ne faut pas l’interdire. D’autres écrivains ont soutenu son avis. Craignant que ceux
qui ne connaissent pas la vérité soient brouillés, je voudrais expliquer qu’en
principe le takbir (répétition de la formule Allah akbar) se fait
au cours de la veille de la fête et avant la prière de la fête marquant la fin
du Ramadan et au cours des dix premières nuits de Dhoul Hidjdja et pendant les
jours dits de Tashriq (11e , 12e
et 13e jours du même mois). Le takbir est institué pendant
ces moments importants et il génère un grand mérite, compte tenu de la parole
du Très Haut à propos du takbir fait lors de la fête de rupture du
jeûne: «…afin que vous en complétiez le nombre et que
vous proclamiez la grandeur de Dieu pour vous avoir guidés, et afin que vous
soyez reconnaissants !» (Coran,2:185) et Ss propos
concernant les dix premières nuits de Dhoul Hidjdja et les trois jours
suivants: «pour participer aux avantages qui leur ont été
accordés et pour invoquer le nom de Dieu aux jours fixés» (Coran,22:28) et «Et invoquez Dieu pendant
un nombre de jours déterminés» (Coran,2:203).

    Parmi les formules de
takbir instituées pour ces jours bien déterminés connus figurent un takbir absolu et un takbir limité d’après
les indications de la Sunna purifiée et la pratique des ancêtres pieux. Le takbir
institué se présente comme suit: chaque fidèle musulman s’y adonne de manière
assez audible pour  le rappeler aux autres 
et les pousser à suivre son exemple. Le takbir collectif innové consiste
à ce qu’un groupe de deux personnes ou plus élèvent la
voix en chœur et continuent ainsi jusqu’à la fin. Cette
pratique n’au aucun fondement. Nul argument ne permet
de la soutenir. C’est une innovation dans la manière
de faire le takbir qu’aucune preuve venue d’Allah ne permet de défendre.
Quiconque conteste cette manière de faire a raison, compte tenu de la parole du
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) : «Tout
acte accomplit contrairement  à notre ordre est rejeté» (Rapporté par
Mouslim). C’est-à-dire rejeté parce que non institué et
compte tenu encore de sa parole: «Méfiez vous des pratiques (religieuses
inventées). Toute invention dans la religion est une innovation, et toute
innovation est une aberration.» Le takbir collectif
est une invention donc une innovation. Si les gens
véhiculent une pratique contraire à la loi purifiée, on doit la condamner et la leur interdire. Car les actes
cultuels sont arrêtés définitivement. Ils ne
peuvent être institués que sur la base d’un argument tiré du Livre et de la
Sunna. Les dires des gens et leurs opinions contraires
aux arguments religieux ne peuvent pas servir d’argument. De même, les intérêts
indéterminés
ne sauraient pas fonder des pratiques cultuels, de tels actes
ne pouvant être institués que sur la base d’un texte tiré du Livre
, de la Sunna ou sur un consens décisif. Ce qui est
institué, c’est que le musulman procède au takbir conformément à la
modalité attestée par les arguments religieux. C’est le takbir
individuel.

     Le takbir
collectif a été condamné par  son  éminence
Cheikh Muhammad ibn Ibrahim, le mufti d’Arabie Saoudite (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) dans le cadre d’une fatwa. J’ai
moi-même émis plus d’une fatwa dans le sens de son interdiction. La
Commission Permanente pour les Recherches
Scientifiques et la Consultance en a fait de même.

    Son éminence Cheikh
Hamoud ibn Ad Allah at-Touwaydjiri (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a écrit un bon traité dans le sens de sa
condamnation et de son interdiction. Le texte est
imprimé et diffusé. Il renferme assez d’arguments
interdisant le takbir collectif. Allah soit loué.

    S’agissant de
l’argument employé par Cheikh Omar consistant à évoquer la pratique
d’Omar (P.A.a) qui se trouvait à Mina avec les gens, il
n’est pas valable car ce qu’il fit avec les gens à Mina ne relevait pas du takbir
collectif en question. C’était un takbir
institué; Omar le fit à haute voix conformément à la Sunna pour le rappeler aux
gens afin de les y inciter. Chacun le suivait
individuellement. Ce qui ne veut pas dire qu’ils agissaient en chœur
avec lui du début à la fin comme le font les partisans du takbir
collectif  à nos jours C’est ainsi qu’il faut comprendre  que tout ce
qui a été rapporté des ancêtres pieux sur cette question est conforme à ce qui
est institué. Quiconque prétend le contraire doit en fournir
la preuve. Il en est de même de l’appel à la
prière célébrée lors de la fête ou aux prières surérogatoires (abrégées) ou à
celles (allongées) ou au witr (prière brève de clôture); tout cela
constitue une innovation. Des hadiths authentiques rapportés du Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) ont indiqué
qu’il accomplissait la prière de la fête sans appel ni rappel. Aucun uléma, à ce que nous sachions, n’a dit qu’il y a (dans la Sunna) une
manière (inhabituelle) d’appeler à la prière. Si quelqu’un le dit , il faut qu’il en apporte la preuve. A priori, il n’en existe pas. Il n’est permis à personne d’initier un
acte ou une parole à caractère cultuel sans les fonder sur argument tiré du
noble livre ou de la Sunna authentique ou du consensus des ulémas, comme il été
dit précédemment, en raison de la portée générale des arguments religieux
interdisant les innovations et nous avertissant à leur égard comme la parole
d’Allah le Transcendant: «Ou bien auraient-ils des
associés [à Dieu] qui auraient établi pour eux des lois religieuses que Dieu
n’a jamais permises?» (Coran,42:21)
et comme les deux hadiths cités à l’entame de cette réponse , notamment la
parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) : «Tout acte accomplit
contrairement  à notre ordre est rejeté » et la parole du Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui): «Cela dit, le livre d’Allah est meilleur
discours. La meilleure guidance est celle de Muhammad. Les innovations constituent les pires des choses. Toute innovation est une aberration.» (Cité par Mouslim dans son Sahih) Les hadiths et traditions abondant dans ce sens sont nombreux.

    Allah est
sollicité pour assister Cheikh Ahmad, l’ensemble de nos frères et
nous-mêmes à bien comprendre sa religion , à y persévérer, à nous
insérer dans le groupe des partisans de la bonne direction et de la vérité, à
nous protéger et à protéger tous les musulmans de ce qui est contraire à Sa
loi. En vérité, Il est très Généreux. Puisse -t- Il bénir et saluer notre Prophète Muhammad, sa famille et
ses compagnons. » Madjmou fatawa Ibn Baz,13/20-23).

    On lit dans la fatwa
de la Commission Permanente (8/310): «Chacun fait le takbir tout seul à
haute voix car le takbir collectif n’a pas été rapporté de façon sûre
d’après le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui). Or il a bien dit: « Tout acte accomplit contrairement 
à notre ordre est rejeté». On lit encore dans la fatwa (8/311):
«Le takbir collectif effectué en chœur  n’est
pas institué. C’est plutôt une innovation en vertu de ce qui a été rapporté de
façon sûre d’après le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui): «Tout
acte accomplit contrairement  à notre ordre est
rejeté». Or, ni les ancêtres pieux, ni les Compagnons,
ni leurs successeurs immédiats, ni les successeurs de ceux-ci, qui sont des
modèles, ne l’ont fait. En matière de religion, il faut suivre et s’abstenir
d’innover.» Une autre fatwa (24/269) stipule: «Le takbir
collectif est une innovation sans fondement parce que non étayée par un
argument (religieux). Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit:
«Tout acte accomplit contrairement  à notre ordre
est rejeté.» Ce qu’Omar (PA.a) a fait ne constitue pas un
argument en faveur du takbir collectif. Il indique simplement qu’Omar
faisait le takbir tout seul et que les gens qui l’entendait faisait
comme lui individuellement . Rien n’y prouve qu’ils
agissaient en chœur.»

    On lit encore dans la
Fatwa (2/236 du 2e groupe): «Le takbir collectif effectué en
chœur au sortir de la prière ou en dehors des heures de prière n’est pas
institué. C’est plutôt une innovation introduite dans la
religion. Ce qui est institué, c’est l’intensification du rappel d’Allah
le Très Haut, le Majestueux, individuellement avec l’usage des formules: il
n’y a pas de dieu en dehors d’Allah, gloire à Allah, Allah est le plus grand

en plus de la lecture du Coran et la multiplication de la demande de pardon,
conformément à la parole du Très Haut: «Ô vous qui croyez ! Evoquez Dieu d’une façon
abondante et glorifiez-Le à la pointe et au déclin du
jour. ». (Coran,33:41-42 ) et Sa parole :
«Souvenez vous de Moi, Je me souviens de vous» (Coran,2:152) et par application
d’une recommandation du Messager d’Allah (Bénédiction t salut soient sur lui )
formulée en ces termes: «Dire :gloire à Allah, louanges à Allah, il n’y a
pas de dieu en dehors d’Allah, , Allah est le plus grand
m’est préférable à
tout ce qui se trouve sous le parcours du soleil.» (Rapporté par Mouslim) et sa
parole: « Quiconque dit :« gloire à Allah, louanges
à Allah
cent fois obtiendra la rémission de ses pêchés ,fussent ils comme
l’écume de a mer.» (Rapporté par Mouslim et par at-Tirmidhi, celui-ci étant
l’auteur de la présente version , et par fidélité aux
pionniers de la Umma. En effet, il n’a pas été
rapporté d’eux la pratique du takbir collectif. Cette pratique n’est
perpétuée que par les partisans passionnés des
innovations. En outre, le dhikr est un acte cultuel. Or , en principe, un tel acte doit être reçu tel quel du
Législateur (le Prophète).Celui-ci nous a mis en garde contre l’innovation dans
la religion en disant:« Tout acte accomplit contrairement  à notre ordre
est rejeté».  Voir la réponse donnée à la question n°
105644. Allah le sait mieux.